Des mois et des mois sont passés depuis mon retour à Berlin. Me dire que j'allais désormais vivre à là-bas a été étrange comme sensation. Mélange de joie et de nervosité. Peur d'avoir fait une erreur en laissant tout tomber. Mais aujourd'hui, avec du recul, j'ai l'impression que ma vie n'aurait jamais pu être autrement. Ca a été assez dur mais ce n'était qu'une étape à franchir.
Et je n'étais pas seul...
Contrairement à ce que je pensais quand j'ai foulé pour la deuxième fois de ma vie le sol berlinois, je n'ai pas vécu chez ma tante. Je me souviens encore de ce jour-là. Dans les moindres détails, je peux replacer chaque mot, chaque geste et chaque sentiment que j'ai ressenti.
J'étais complètement paumé. Tous mes repères depuis l'enfance s'étaient évanouis et je me retrouvais là. J'étais déjà venu dans cette capitale mais dans un tout autre contexte. Là, plus question de rentrer chez moi. Même si ça a été dur de me l'avouer, putain je me rappelle encore du forçing que Tom m'a fait subir pour me tirer les vers du nez. Je déteste cette expression mais c'est le cas de le dire. A l'heure de maintenant ça me fait rire mais je vous jure qu'à l'époque c'était moins drôle. J'crois même que je l'ai détesté pendant quelques heures pour me faire subir ça. Il m'a fait extérioriser tout ce que je ressentais pour ne pas que je me renferme sur moi-même.
Et aujourd'hui je lui en remercie, sans lui je sais pas vraiment ce que je serais devenu. La dispute entre mes parents et moi m'a plus affecté que ce que je ne le pensais. A cette époque, je me suis détesté de ressentir ça. J'y portais trop d'importance et même si Tom me répétait que c'était normal, que c'était quand même mes parents, moi j'arrivais pas à comprendre pourquoi je portais autant d'importance à des personnes qui n'ont fait que me pourrir la vie. Après tout ce qui m'ont fait subir, j'ai quand même réussi à ressentir de la tristesse.
Pour moi ce n'était pas logique. Où était-elle la logique?
En y repensant aujourd'hui, je me dis qu'il ne me méritait pas en tant que fils. Pas que je me vante mais eux n'ont jamais tenté de reprendre contatc avec moi. Ils n'ont jamais essayé de voir comment je vivais et si tout allait bien pour moi.
Enfin... un des deux parents s'est inquiété mais je l'ai su que récemment. Ma mère prenant de mes nouvelles à travers ma tante. Même si ça me touche je ne peux pas m'empêcher de lui en vouloir. Elle n'a rien fait pour dissuader mon père. Pour l'empêcher de m'insulter une énième fois. Pour l'empêcher de me frapper...
Ses excuses ne servent à rien maintenant. Je sais que je suis peut-être cruel mais elle m'en a tellement fait voir que j'arrive pas à avoir de la compassion. Même si c'était mon idée, elle m'a laissé seul, à la rue.
Son propre fils...
Heureusement qu'il y avait Tom. Putain je le remercierais toute ma vie s'il le faut d'avoir été aussi présent pour moi. Je me souviens encore de ce qu'il m'a dit, de ce que j'ai ressenti en entendant ses mots sortir de sa bouche. Il était à mes côtés et n'a pas lâché ma main. Je comptais aller voir ma tante mais il n'a pas voulu me lâcher. Je savais bien que j'allais avoir des problèmes étant donné que mon oncle ne me portait pas dans son coeur, et d'ailleurs il ne m'y porte toujours pas.
Cette fameuse après-midi, quand on est descendu du train, Tom m'a prouvé qu'il tenait à moi autant que je tenais à lui. Bien sûr, je le savais déjà mais vous pouvez pas savoir à quel point ça fait du bien de l'entendre dans ces moments-là. Dans le train, quand il a commencé à s'éloigner de Magdeburg je me suis mis à douter. Stupide je sais mais je n'ai pas pu le contrôler. Je m'éloignais de l'endroit où j'avais grandi après m'être disputer avec mon père.
Comment aurais-je pu faire autrement?
J'avais tout quitté pour Tom. Mon père m'avait demandé implicitement de choisir et je l'ai choisi lui alors que finalement je ne le connaissais pas depuis longtemps. Depuis seulement un mois... 30 jours. C'est si court dans une vie. En un mois, est-ce qu'on connaît une personne? Je ne dis pas que je ne le connaissais pas assez bien. Je l'aimais tellement que ma décision paraissait la meilleure... mais à 18 ans qu'est ce que ça fout la trouille de partir en sachant que cette fois on est seul et qu'on ne pourra pas revenir en arrière.
J'ai paniqué mais il m'a rassuré. Ses mots je les entend encore. Sa voix au creux de mon oreille qui me réconforte. Ses mains sur mon dos qui me rassurent. J'en ai des frissons rien qu'en y repensant. Je ne savais pas qu'on pouvait m'aimer autant. Ca paraissaît tellement suréaliste sur le moment.
FLASH BACK
On marche le long du trottoir sans dire un mot. Sa main dans la mienne, j'ai l'impression que tout ce qui m'arrive n'est qu'un rêve. Je suis de retour à Berlin mais qu'est ce que je vais faire maintenant? Je soupire en me mordant la lèvre infèrieure. Sans m'en rendre comptre, mes pas ralentissent jusqu'à ne plus exister. Ma main toujours dans celle de Tom, il est arrêté dans son élan et se retourne, un regard interrogateur sur le visage. Je relève la tête un air paniqué sur le visage. Je suis à la rue et je n'ai pas plus personne. Même si ma famille était un désastre, j'avais toujours un toît où dormir. Là je n'ai plus rien.
- Hé.. ça va ?
- Non non... c'est.. putain comment je vais faire? J'suis à la rue et j'ai nulle part où aller. Putain.. qu'est ce que j'ai fait?
Je baisse la tête en lâchant sa main pour les mettre sur mon visage. Je secoue la tête de gauche à droite en essayant de me dire que tout ça n'est qu'un rêve et que je vais me réveiller dans un lit avec Tom à mes côtés. Que tout ça ne s'est pas produit. Je sens deux bras entourer ma taille puis un corps se coller au mien. Je pose ma tête sur son épaule alors que je me retiens de pleurer.
Je ne dois pas pleurer... pas pour eux ils n'en valent pas la peine.
- Ca va s'arranger.
Une boule se forme dans ma gorge m'infligeant un torture pour parler. Ma bouche est sèche et j'ai du mal à formuler mes phrases.
- Comment.. coment tu peux dire ça?
Mes mains s'accrochent à son tee-shirt alors qu'un premier sanglot s'échappe. Je me retiens du mieux que je peux mais j'angoisse à l'idée de me retrouver tout seul. Mes mains tirent sur le tee-shirt de Tom, mes ongles griffant sa peau à travers le tissu. Un hoquet sort de ma bouche alors que je refoule tous ces sanglots qui me bloquent la trachée.
- Tu peux pleurer tu sais. C'est normal.
Je secoue vivement ma tête de gauche à droite en fermant mes yeux alors que ma tête plonge dans son cou, mes lunettes de soleil tombant au sol alors qu'elles étaient encore sur mon nez.
- Pas pour eux. Je veux pas, je veux pas...
Je tousse un peu, ayant de plus en plus de mal à retenir un sanglot.
- Tu me laisseras pas hein? S'il te plaît dis moi que je suis pas seul...
Je sens l'étreinte de ses bras se resserrer alors que ses caresses dans mon dos n'ont pas cessé. S'il savait à quel point ça m'appaise de sentir ses mains sur moi. Il chuchote au creux de mon oreille, ces mots que j'ai besoin d'apprendre. Je sais qu'ils sont sincères et remplis d'amour.
- T'es pas seul Bill. Je suis là et je te laisserais pas seul. Tout ira bien je te le promet...
FIN FLASH BACK
Cette promesse... il a tout fait pour la réaliser et il a réussi... On est resté un moment comme ça. Jusqu'à ce que je me calme, et que je me libère enfin... mais ça n'est pas arrivé. Pas encore. Je me suis retenu d'éclater en larmes même s'il me répétait que j'avais le droit de pleurer. Que je pouvais le faire et que ça me libèrerait. Mais je n'ai pas pu. Me dire que je pleurais à cause d'eux me mettait en rage.
Les seules larmes et seuls sanglots qui ont existé ce jour-là, c'était de haine contre eux.
Je suis allé chez lui même si au début je n'étais pas pour. Peur de venir sans être invité. Il m'a tiré jusqu'à chez lui, me souriant et en me disant que j'étais le bienvenu, qu'il fallait que je sois à ses côtés s'il voulait me chouchouter.
Premier sourire. Petit et faible mais je crois qu'à ce moment-là ça lui a suffit parce qu'il était sincère.
Ses parents m'ont de suite accepté. Mais moi je n'étais pas à l'aise. Je me suis mis volontairement à l'écart, ayant l'impression d'être en trop. Pourtant Tom n'arrêtait pas de me dire qu'il ne fallait pas que je pense ça. Que j'étais chez moi et que ses parents m'adoraient. Mais j'avais toujours un blocage. Peut-être le fait de voir une famille si heureuse alors que la mienne était détruite. Enfin... alors que ma famille ne voulait pas de moi. J'en ai la chaire de poule rien que d'en parler.
Mais maintenant c'est de l'histoire ancienne, j'ai tourné totalement la page.
Après avoir appris ce qu'il s'était passé chez moi, ses parents ont été là pour moi. A aucun moment ils m'ont fait ressentir que j'étais un incconnu. Au contraire ils étaient... adorables. Comment des parents pouvaient être aussi... aimants et attentifs? Oui ceux sont les mots je crois. Quand je les voyais avec leur fils, ça me rendait le sourire. Les voir le taquiner en me racontant des anecdotes sur son enfance. Les voir l'embrasser alors que lui les repoussait gentiment parce qu'il était mal à l'aise. Dans ces moments-là, il venait se mettre sur moi et cachait sa tête dans mon cou en me murmurant qu'il n'y avait que moi qui pouvait l'embrasser comme ça. Un bouffée de bonheur m'envahissait toujours à l'entente de ses mots. Et encore aujourd'hui, rien quand me disant des mots doux, je ressens une chaleur dans mon ventre qui me prouve que je suis toujours autant amoureux.
Autant qu'au premier jour, si ce n'est pas plus.
J'avais en face de moi une famille tout ce qu'il y avait de plus unie. Ils étaient beaux ensemble. Et le plus extraordinaire dans l'histoire c'est qu'il m'ont laissé une place à l'intérieur.
- Tu rends mon fils heureux Bill et c'est tout ce qui compte. Tu fais parti de la famille maintenant et dis toi que ici c'est chez toi.
Mots de réconforts alors que pour la première fois depuis que j'étais arrivé je me confiais à son père. Tom n'était pas rentré de son travail et moi je n'avais pas cours, vu qu'on était un mercredi après-midi. Je m'en souviens comme si c'était hier. Mon coeur s'est gonflé instantanément et je n'ai pu lui donné comme seule réponse le fait de le prendre dans mes bras. J'en aurais pleuré si je ne m'étais pas retenu. Je crois que ce mercredi-là il a été touché que je lui fasse confiance. C'est lui qui m'a conseillé d'aller voir ma tante et c'est ce que j'ai fait le lendemain après les cours. On a parlé et je me suis excusé de ne pas être venu avant. Ca faisait quand même deux mois que j'étais revenu et je n'étais pas passé la voir... je crois, on était en janvier.
Peur qu'elle prenne le parti de sa soeur. Mais elle a été compréhensive comme d'habitude et ne m'en a pas voulu.
J'ai retrouvé aussi Andréas au lycée même si j'aurais préféré ne pas y retourner mais Tom m'y a obligé. Je lui dis d'ailleurs merci parce qu'aujourd'hui ça fait deux semaines que j'ai appris que j'avais mon bac.
Sans mention mais je l'ai eu et c'est le plus important. Ca a été dur de reprendre après toutes mes absences. Faut dire que quand j'étais à Berlin le premier mois, je n'y suis pas souvent allé alors j'ai rattrapé mon retard et mon beau blond m'a aidé pendant les révisions.
Il me faisait réciter et m'expliquer même ce que je ne comprenais pas. D'ailleurs ça m'a étonné sur le coup et avec un sourire comme il sait si bien le faire, il m'a alors avoué qu'il n'a pas quitté l'école à cause de ses résultats mais plutôt à cause de ses fréquentations. Il était géné de me le dire. A l'époque de notre rencontre, il avait alors préféré mentir pour ne pas que je me fasse une mauvaise opinion de lui.
En entendant cette phrase, je me souviens avoir sourit et m'être rapproché de lui pour l'embrasser. Simple envie avant de l'encourager à continuer. Je me rappelle d'une phrase que je lui ai dit pour détendre l'atmosphère qui se faisait un peu trop lourde à mon goût.
- Déjà accro sans me connaître hein.
Ma phrase avait eu l'effet attendu parce que je me souviens l'avoir vu rire, se détendant un peu. Je suis resté assis à califourchon sur lui, le regardant la tête penchée attendant qu'il parle.
Il avait été renvoyé et le proviseur n'avait jamais accepté de le reprendre. La plupart des autres lycées aussi ont refusé, voyant son bulletin d'appréciation. Il a alors abandonner l'idée. D'abord choqué de savoir qu'il m'avait menti, j'ai ensuite pu voir à quel point il regrettait sa conduite.
Et oui tout ce qu'il s'est passé à mon retour dans la capitale a eu lieu durant l'année.
Maintenant, on est en juillet et depuis... avril, juste après l'anniversaire de Tom qui a fété ses 19 ans, on a emménagé ensemble. Notre propre appartement. C'est tout simplement... extraordinaire. Ca a beau faire 4 mois bientôt, je n'en reviens toujours pas. Au début quelque peu réticent, ayant peur d'être trop jeune pour emménager en couple, Tom a su me convaincre et quand je le regarde maintenant, je sais que j'ai fais le bon choix. Ses parents et ma tante nous ont aidé pendant le déménagement. Ils nous ont même donné des meubles pour qu'on est moins de frais.
J'ai même un petit boulot d'été pour subvenir à nos besoin. Je ne veux pas être la femme qui attend que son mari rentre de son travail. Faire la cuisine et tout ce n'est pas pour moi. Les surgelés et les pizzas sont nos amis depuis avril.
Parfois, je fais des efforts et essaie de cuisiner. Comme pour le premier week-end après notre emménagement. On avait tout installé et Tom rentrait assez tard vu qu'il avait demandé à faire plus d'heures. J'avais alors décidé de lui faire plaisir mais ça avait été un carnage. En apparence, mon gratin daufinois paraissait bon mais quand j'ai vu la tête de Tom qui se retenait de cracher pour ne pas me vexer j'ai compris.
Je ne suis vraiment pas doué.
J'ai explosé de rire et c'est parti en bagarre général. Je me souviens ce soir-là. C'est à ce moment précis qu'on s'est vraiment rendu compte qu'on vivait tous les deux. La semaine ayant été rude, on avait pas eu le temps de se reposer et de se retrouver. Mais ce samedi-là... je me suis rendu compte du bonheur qu'était ma vie.
FLASH BACK.
- Naa--aan Tom tu vas pas faire ça ? T'oserais pas?
- Pourquoi pas ?
Chacun à l'opposé de la table, Tom me regarde avec la bouteille de chantilly à la main. J'essaie les yeux suppliants mais rien ne fait. Je crois que les cornichons dans son tee-shirt ne lui ont pas plus. Je me mord la lèvre infèrieure en le regardant alors que j'essaie de trouver une solution.
- Oh un éléphant là-bas.
Naïf comme il est, il se retourne et j'en profite pour m'échapper dans le couloir mais je sens un poids me coller contre le mur. Les yeux écarquillés de surprise, je vois Tom en face de moi. J'essaie de me débattre mais ce traître attrape mes mains d'une des siennes et place derrière mon dos.
Vu comme ça on dirait pas mais il a de la force Tom.
- Tu croyais vraiment que j'allais gobé ça...
Il hausse son sourcil en me regardant blasé. Je l'entend secouer la bouteille et je le regarde horrifié.
- Tom non s'il te plaît pas les cheveux... teuplé..
Il secoue la tête de gauche à droite sans rien dire.
- T'es naïf mon vieux.
J'ouvre les lèvres pour répliquer mais je sens de la chantilly venir remplir ma bouche. Je reste statique pendant quelques instants alors que je vois un sourire narquois se dessiner sur ses lèvres. Je fronce les sourcils et avale tant bien que mal alors que je le vois se torde de rire. Je fais le vexé en retroussant mon nez et en le regardant avec des yeux aussi noirs que possible.
- T'en a sur le nez.
Je pouffe de rire malgré moi en le voyant se rapprocher et poser ses lèvres sur mon nez, sa langue enlevant l'intrus. Mes yeux rencontre les siens alors qu'il pose un baiser aérien sur mon nez. J'ai l'impression que ça fait des mois qu'on s'est pas embrassés. Je ferme doucement les yeux en sentant ses lèvres effleurer mon visage. C'est tellement agréable de le sentir contre moi. Et dire que je vis avec lui. Qu'on a notre appartement et qu'on est enfin indépendant. Il n'y a plus personne autour. Juste lui et moi.
Je relève la tête pour connecter nos lèvres mais il s'écarte en souriant. Je fais une mine déconfite alors qu'il rigole légèrement. Je retente le coup mais il réédite son geste.
- Mais...
Il lâche finalement mes mains qui viennent se poser sur ses joues pour maintenir son visage alors que je prend possession de ses lèvres. Ses bras s'entourent mieux autour de ma taille et je peux le sentir me coller à lui dans une étreinte protectrice. Il a tellement été là pour moi. Tous ses jours à me supporter alors que je doutais comme un dingue. Il m'a attendu et m'a toujours tendu la main. Il a toujours été là quand j'en avais besoin. Je lui dois tellement que je sais pas comment le remercier.
Ses lèvres s'entrouvent alors pour caresser les miennes avant que sa langue caresse la mienne. Je soupire de bien-être en entourant mes bras autour de son cou. Personne pour nous arrêter ou intervenir.
Il n'y a que nous.
J'entrouve ma bouche, laissant passer de l'air chaud qui s'égare sur le visage de Tom. Ma respiration s'accélère quand je sens les mains de Tom passer sous mon tee-shirt, et son bassin se coller au mien.
- Merci de m'aimer...
FIN FLASH BACK.
C'est la première fois qu'on a fait l'amour dans notre appartement. Dans notre chambre. A nous.
Le baiser s'est vite fait plus envieux. Peut-être aussi que ces mots qu'il m'a dit ce soir-là ont mis le feu au poudre. Il me l'a répété en litanie ce soir-là. Avant, pendant et après. Je ne m'en suis pas lassé. Je l'ai écouté, j'ai regardé ses lèvres le murmurer, j'ai senti dans ses gestes tout l'amour qu'il me portait et ça m'a fait volé.
A chaque fois qu'il me dit "je t'aime" je ne peux m'empêcher de lui sauter dessus, de l'embrasser ou même juste de le prendre dans mes bras. Il ne me le dit pas si souvent que ça et quand il me le dit, au creux de l'oreille ou pendant une dispute, des milliers de frissons me traversent et j'oublie tout.
Ce soir je rentre de mon boulot en repensant à tout ce qui est arrivé cette année. Si vite et pourtant j'ai l'impression d'être comblé. C'est possible à 18 ans? Défois ça me fait peur d'être aussi heureux alors que je sors à peine du lycée. J'ai peur que tout s'arrête sans crier gare. A nous de faire en sorte que ça dure encore et encore.
Arrivé à l'appartement, j'ouvre la porte d'entrée sans faire de bruit. M'attendant à le voir débouler pour me dire bonjour, je suis assez surpris quand je m'aperçois que le salon est vide. Aucune lumière allumée, la télé éteinte et personne dans les parages.
Pourtant il devait déjà être rentré. Je fronce les sourcils en refermant derrière moi.
La casquette posée sur le canapé m'indique pourtant qu'il est là. Sûrement dans la chambre vu que l'eau ne coule pas et que toutes les pièces sont éteintes. Je pose mes affaires sur la table et me dirige dans la chambre sans faire de bruit. La porte est entrouverte et je peux le voir avoir allongé sur le lit, sur le ventre, un papier à la main alors que d'autres sont étalés devant lui.
Cette simple vision me fait sourire.
Il n'a pas fait attention à ma présence. J'entre à pas feutrés et après avoir retiré mes chaussures je monte sur le lit, le matelas s'abaissant sous mon poids. Je peux le voir sursauter mais il ne se retourne pas. Je m'allonge sur lui et pose ma tête sur son épaule.
- Hello...
Mes lèvres se posent sur son cou, juste au dessus d'une marque violacée que je lui ai fait hier soir. Je souris doucement en frottant mon nez contre le suçon avant de poser mes yeux sur les feuilles qui semblent le captiver. Je peux voir sa mine concentrée, alors qu'il lit chaque ligne avec précaution.
Il semble peser le pour et le contre mais je ne sais pas de quoi.
Ma tête se calle sur son épaule en posant mes avants bras sur son dos pour prendre appui.
- C'est quoi?
- Oh ça... rien du tout.
Il tourne sa tête vers moi et sourit en posant ses lèvres sur les miennes. Son nez cogne ensuite le mien avant de se frotter l'un contre l'autre.
- Ca va ?
J'hausse les sourcils avant de sourire en coin.
- Tu crois me mentir aussi facilement. C'est mal me connaître.
J'essaie d'attraper la feuille mais il la met hors de portée. Il se tourne et se met sur le dos alors qu'il me regarde avec un sourire de vainqueur. Je m'asseois sur son bassin, croisant mes bras sur mon torse en faisant mine de bouder.
- Montre s'il te plaît.
Il rigole vite fait avant de me tendre la feuille qu'il tient. Je la prend en souriant et lit en diagonale. Mon coeur s'arrête alors que le titre inscrit sur la feuille me saute aux yeux.
BULLETIN D'INSCRIPTION AU BACCALAUREAT
EN CANDIDAT LIBRE
Je pose mes yeux grands ouverts sur Tom qui sourit doucement. C'est pas possible..
- C'est vrai?
Il hoche la tête de haut en bas pour confirmer alors qu'un sourire prend place sur mon visage. Un sourire béat qui monte jusqu'aux oreilles. Je me baisse et pose des bisous partout sur son visage, mes mains tenant ses joues pour ne pas qu'il bouge.
- Putain! C'est trop bien! Chui trop content pour toi! T'es trop fort! Han c'est trop bien!
Il rigole devant mon enthousiasme et se met en position assise pour qu'on soit face à face. Il pose un petit baiser sur mes lèvres alors que je suis encore sous le choc. Je savais qu'il regrettait de pas avoir passer son bac mais il ne m'a jamais dit qu'il envisageait cette possibilité. Je n'y ai même jamais pensé moi. J'entoure mes bras autour de son cou alors que lui passe les siens autour de ma taille pour se poser sur ma chute de reins.
- Tu me l'avais pas dit.
- Quand j'ai vu tes yeux brillés devant tes résultats je me suis dit que j'avais envie de vivre pareil.
Je souris en me rapprochant de lui, mes lèvres effleurant les siennes.
- Je suis fier de toi tu le sais ça?
Il hoche de nouveau la tête avant de m'embrasser amoureusement. J'adore penser ça. Qu'il m'embrasse avec amour. Ce n'est pas seulement un baiser rempli de tendresse et de douceur. Dedans on peut déceler aussi de la passion et cette pointe d'amour qui change tout. Qui donne un nouveau goût au baiser.
Un goût de bonheur.
- Tu m'aideras?
- T'auras même pas besoin de moi je parie.
- Toujours!
Je rigole doucement en posant ma tête dans son cou. Des baisers papillons se font ressentir sur ma peau. Je frissonne en me resserrant contre lui avant de relever la tête pour le regarder. Je frotte mon nez contre sa joue en fermant les yeux, une douce chaleur envahissant son corps. A chaque fois que je suis avec lui c'est pareil. Je me sens planer. Et ça n'a pas changé en presqu'un an. Toujours ce sentiment en moi. Encore plus fort que j'aurais pu l'imaginer.
- Je t'aime Tom Trümper.
Je peux le sentir sourire sans le voir. Ses mains remontent le long de mon dos et se posent dans ma nuque, m'obligeant à relever la tête pour le regarder. J'adore ses moments de complicité entre nous. J'aime regarder ses yeux qui pétillent quand il entend ses trois mots sortir de ma bouche. Et ce sourire qui ne réserve qu'à moi.
- Je t'aime aussi p'tit bout.
Je pouffe de rire en entendant ce surnom débile qu'il m'avait donné il y a des mois de ça. Débile mais quand il sort de sa bouche je peux pas m'empêcher de frissonner. Des souvenirs qui remontent à la surface.
Tom ce n'est pas seulement mon petit-ami. C'est aussi devenu mon meilleur ami. J'ai tellement confiance en lui que je pourrais tout faire pour lui. C'est celui qui m'a sauvé la vie sans le savoir. Celui sans lequel je ne serais rien. Qu'est ce qui se serait passé si je ne l'avais pas rencontré? Il m'a tellement fait découvrir... il m'a fait décourvrir des sentiments que je ne pensais pas connaître un jour. Il m'a aidé dans les
moments où j'en avais le plus besoin. Il a été là quand je riais, quand je pleurais, quand j'hurlais. Il a toujours été là.
Il m'a tout simplement réappris à vivre. Et ça ça vaut tout l'or du monde.
Je le sens doucement me prendre dans ses bras en me berçant. Mes yeux se ferment d'eux-même sous cette tendresse que ses gestes dégagent. Le mouvement de droite à gauche m'apaise et je sens que je ne vais pas tarder à m'endormir.
C'est juste avant que mes sens m'abandonnent pour me laisser dans les bras de Morphée qu'une phrase murmurée de Tom me parvient aux oreilles.
- T'as vu... je t'avais dit que tout irait bien Bill de Magdeburg.
FIN.
Et je n'étais pas seul...
Contrairement à ce que je pensais quand j'ai foulé pour la deuxième fois de ma vie le sol berlinois, je n'ai pas vécu chez ma tante. Je me souviens encore de ce jour-là. Dans les moindres détails, je peux replacer chaque mot, chaque geste et chaque sentiment que j'ai ressenti.
J'étais complètement paumé. Tous mes repères depuis l'enfance s'étaient évanouis et je me retrouvais là. J'étais déjà venu dans cette capitale mais dans un tout autre contexte. Là, plus question de rentrer chez moi. Même si ça a été dur de me l'avouer, putain je me rappelle encore du forçing que Tom m'a fait subir pour me tirer les vers du nez. Je déteste cette expression mais c'est le cas de le dire. A l'heure de maintenant ça me fait rire mais je vous jure qu'à l'époque c'était moins drôle. J'crois même que je l'ai détesté pendant quelques heures pour me faire subir ça. Il m'a fait extérioriser tout ce que je ressentais pour ne pas que je me renferme sur moi-même.
Et aujourd'hui je lui en remercie, sans lui je sais pas vraiment ce que je serais devenu. La dispute entre mes parents et moi m'a plus affecté que ce que je ne le pensais. A cette époque, je me suis détesté de ressentir ça. J'y portais trop d'importance et même si Tom me répétait que c'était normal, que c'était quand même mes parents, moi j'arrivais pas à comprendre pourquoi je portais autant d'importance à des personnes qui n'ont fait que me pourrir la vie. Après tout ce qui m'ont fait subir, j'ai quand même réussi à ressentir de la tristesse.
Pour moi ce n'était pas logique. Où était-elle la logique?
En y repensant aujourd'hui, je me dis qu'il ne me méritait pas en tant que fils. Pas que je me vante mais eux n'ont jamais tenté de reprendre contatc avec moi. Ils n'ont jamais essayé de voir comment je vivais et si tout allait bien pour moi.
Enfin... un des deux parents s'est inquiété mais je l'ai su que récemment. Ma mère prenant de mes nouvelles à travers ma tante. Même si ça me touche je ne peux pas m'empêcher de lui en vouloir. Elle n'a rien fait pour dissuader mon père. Pour l'empêcher de m'insulter une énième fois. Pour l'empêcher de me frapper...
Ses excuses ne servent à rien maintenant. Je sais que je suis peut-être cruel mais elle m'en a tellement fait voir que j'arrive pas à avoir de la compassion. Même si c'était mon idée, elle m'a laissé seul, à la rue.
Son propre fils...
Heureusement qu'il y avait Tom. Putain je le remercierais toute ma vie s'il le faut d'avoir été aussi présent pour moi. Je me souviens encore de ce qu'il m'a dit, de ce que j'ai ressenti en entendant ses mots sortir de sa bouche. Il était à mes côtés et n'a pas lâché ma main. Je comptais aller voir ma tante mais il n'a pas voulu me lâcher. Je savais bien que j'allais avoir des problèmes étant donné que mon oncle ne me portait pas dans son coeur, et d'ailleurs il ne m'y porte toujours pas.
Cette fameuse après-midi, quand on est descendu du train, Tom m'a prouvé qu'il tenait à moi autant que je tenais à lui. Bien sûr, je le savais déjà mais vous pouvez pas savoir à quel point ça fait du bien de l'entendre dans ces moments-là. Dans le train, quand il a commencé à s'éloigner de Magdeburg je me suis mis à douter. Stupide je sais mais je n'ai pas pu le contrôler. Je m'éloignais de l'endroit où j'avais grandi après m'être disputer avec mon père.
Comment aurais-je pu faire autrement?
J'avais tout quitté pour Tom. Mon père m'avait demandé implicitement de choisir et je l'ai choisi lui alors que finalement je ne le connaissais pas depuis longtemps. Depuis seulement un mois... 30 jours. C'est si court dans une vie. En un mois, est-ce qu'on connaît une personne? Je ne dis pas que je ne le connaissais pas assez bien. Je l'aimais tellement que ma décision paraissait la meilleure... mais à 18 ans qu'est ce que ça fout la trouille de partir en sachant que cette fois on est seul et qu'on ne pourra pas revenir en arrière.
J'ai paniqué mais il m'a rassuré. Ses mots je les entend encore. Sa voix au creux de mon oreille qui me réconforte. Ses mains sur mon dos qui me rassurent. J'en ai des frissons rien qu'en y repensant. Je ne savais pas qu'on pouvait m'aimer autant. Ca paraissaît tellement suréaliste sur le moment.
FLASH BACK
On marche le long du trottoir sans dire un mot. Sa main dans la mienne, j'ai l'impression que tout ce qui m'arrive n'est qu'un rêve. Je suis de retour à Berlin mais qu'est ce que je vais faire maintenant? Je soupire en me mordant la lèvre infèrieure. Sans m'en rendre comptre, mes pas ralentissent jusqu'à ne plus exister. Ma main toujours dans celle de Tom, il est arrêté dans son élan et se retourne, un regard interrogateur sur le visage. Je relève la tête un air paniqué sur le visage. Je suis à la rue et je n'ai pas plus personne. Même si ma famille était un désastre, j'avais toujours un toît où dormir. Là je n'ai plus rien.
- Hé.. ça va ?
- Non non... c'est.. putain comment je vais faire? J'suis à la rue et j'ai nulle part où aller. Putain.. qu'est ce que j'ai fait?
Je baisse la tête en lâchant sa main pour les mettre sur mon visage. Je secoue la tête de gauche à droite en essayant de me dire que tout ça n'est qu'un rêve et que je vais me réveiller dans un lit avec Tom à mes côtés. Que tout ça ne s'est pas produit. Je sens deux bras entourer ma taille puis un corps se coller au mien. Je pose ma tête sur son épaule alors que je me retiens de pleurer.
Je ne dois pas pleurer... pas pour eux ils n'en valent pas la peine.
- Ca va s'arranger.
Une boule se forme dans ma gorge m'infligeant un torture pour parler. Ma bouche est sèche et j'ai du mal à formuler mes phrases.
- Comment.. coment tu peux dire ça?
Mes mains s'accrochent à son tee-shirt alors qu'un premier sanglot s'échappe. Je me retiens du mieux que je peux mais j'angoisse à l'idée de me retrouver tout seul. Mes mains tirent sur le tee-shirt de Tom, mes ongles griffant sa peau à travers le tissu. Un hoquet sort de ma bouche alors que je refoule tous ces sanglots qui me bloquent la trachée.
- Tu peux pleurer tu sais. C'est normal.
Je secoue vivement ma tête de gauche à droite en fermant mes yeux alors que ma tête plonge dans son cou, mes lunettes de soleil tombant au sol alors qu'elles étaient encore sur mon nez.
- Pas pour eux. Je veux pas, je veux pas...
Je tousse un peu, ayant de plus en plus de mal à retenir un sanglot.
- Tu me laisseras pas hein? S'il te plaît dis moi que je suis pas seul...
Je sens l'étreinte de ses bras se resserrer alors que ses caresses dans mon dos n'ont pas cessé. S'il savait à quel point ça m'appaise de sentir ses mains sur moi. Il chuchote au creux de mon oreille, ces mots que j'ai besoin d'apprendre. Je sais qu'ils sont sincères et remplis d'amour.
- T'es pas seul Bill. Je suis là et je te laisserais pas seul. Tout ira bien je te le promet...
FIN FLASH BACK
Cette promesse... il a tout fait pour la réaliser et il a réussi... On est resté un moment comme ça. Jusqu'à ce que je me calme, et que je me libère enfin... mais ça n'est pas arrivé. Pas encore. Je me suis retenu d'éclater en larmes même s'il me répétait que j'avais le droit de pleurer. Que je pouvais le faire et que ça me libèrerait. Mais je n'ai pas pu. Me dire que je pleurais à cause d'eux me mettait en rage.
Les seules larmes et seuls sanglots qui ont existé ce jour-là, c'était de haine contre eux.
Je suis allé chez lui même si au début je n'étais pas pour. Peur de venir sans être invité. Il m'a tiré jusqu'à chez lui, me souriant et en me disant que j'étais le bienvenu, qu'il fallait que je sois à ses côtés s'il voulait me chouchouter.
Premier sourire. Petit et faible mais je crois qu'à ce moment-là ça lui a suffit parce qu'il était sincère.
Ses parents m'ont de suite accepté. Mais moi je n'étais pas à l'aise. Je me suis mis volontairement à l'écart, ayant l'impression d'être en trop. Pourtant Tom n'arrêtait pas de me dire qu'il ne fallait pas que je pense ça. Que j'étais chez moi et que ses parents m'adoraient. Mais j'avais toujours un blocage. Peut-être le fait de voir une famille si heureuse alors que la mienne était détruite. Enfin... alors que ma famille ne voulait pas de moi. J'en ai la chaire de poule rien que d'en parler.
Mais maintenant c'est de l'histoire ancienne, j'ai tourné totalement la page.
Après avoir appris ce qu'il s'était passé chez moi, ses parents ont été là pour moi. A aucun moment ils m'ont fait ressentir que j'étais un incconnu. Au contraire ils étaient... adorables. Comment des parents pouvaient être aussi... aimants et attentifs? Oui ceux sont les mots je crois. Quand je les voyais avec leur fils, ça me rendait le sourire. Les voir le taquiner en me racontant des anecdotes sur son enfance. Les voir l'embrasser alors que lui les repoussait gentiment parce qu'il était mal à l'aise. Dans ces moments-là, il venait se mettre sur moi et cachait sa tête dans mon cou en me murmurant qu'il n'y avait que moi qui pouvait l'embrasser comme ça. Un bouffée de bonheur m'envahissait toujours à l'entente de ses mots. Et encore aujourd'hui, rien quand me disant des mots doux, je ressens une chaleur dans mon ventre qui me prouve que je suis toujours autant amoureux.
Autant qu'au premier jour, si ce n'est pas plus.
J'avais en face de moi une famille tout ce qu'il y avait de plus unie. Ils étaient beaux ensemble. Et le plus extraordinaire dans l'histoire c'est qu'il m'ont laissé une place à l'intérieur.
- Tu rends mon fils heureux Bill et c'est tout ce qui compte. Tu fais parti de la famille maintenant et dis toi que ici c'est chez toi.
Mots de réconforts alors que pour la première fois depuis que j'étais arrivé je me confiais à son père. Tom n'était pas rentré de son travail et moi je n'avais pas cours, vu qu'on était un mercredi après-midi. Je m'en souviens comme si c'était hier. Mon coeur s'est gonflé instantanément et je n'ai pu lui donné comme seule réponse le fait de le prendre dans mes bras. J'en aurais pleuré si je ne m'étais pas retenu. Je crois que ce mercredi-là il a été touché que je lui fasse confiance. C'est lui qui m'a conseillé d'aller voir ma tante et c'est ce que j'ai fait le lendemain après les cours. On a parlé et je me suis excusé de ne pas être venu avant. Ca faisait quand même deux mois que j'étais revenu et je n'étais pas passé la voir... je crois, on était en janvier.
Peur qu'elle prenne le parti de sa soeur. Mais elle a été compréhensive comme d'habitude et ne m'en a pas voulu.
J'ai retrouvé aussi Andréas au lycée même si j'aurais préféré ne pas y retourner mais Tom m'y a obligé. Je lui dis d'ailleurs merci parce qu'aujourd'hui ça fait deux semaines que j'ai appris que j'avais mon bac.
Sans mention mais je l'ai eu et c'est le plus important. Ca a été dur de reprendre après toutes mes absences. Faut dire que quand j'étais à Berlin le premier mois, je n'y suis pas souvent allé alors j'ai rattrapé mon retard et mon beau blond m'a aidé pendant les révisions.
Il me faisait réciter et m'expliquer même ce que je ne comprenais pas. D'ailleurs ça m'a étonné sur le coup et avec un sourire comme il sait si bien le faire, il m'a alors avoué qu'il n'a pas quitté l'école à cause de ses résultats mais plutôt à cause de ses fréquentations. Il était géné de me le dire. A l'époque de notre rencontre, il avait alors préféré mentir pour ne pas que je me fasse une mauvaise opinion de lui.
En entendant cette phrase, je me souviens avoir sourit et m'être rapproché de lui pour l'embrasser. Simple envie avant de l'encourager à continuer. Je me rappelle d'une phrase que je lui ai dit pour détendre l'atmosphère qui se faisait un peu trop lourde à mon goût.
- Déjà accro sans me connaître hein.
Ma phrase avait eu l'effet attendu parce que je me souviens l'avoir vu rire, se détendant un peu. Je suis resté assis à califourchon sur lui, le regardant la tête penchée attendant qu'il parle.
Il avait été renvoyé et le proviseur n'avait jamais accepté de le reprendre. La plupart des autres lycées aussi ont refusé, voyant son bulletin d'appréciation. Il a alors abandonner l'idée. D'abord choqué de savoir qu'il m'avait menti, j'ai ensuite pu voir à quel point il regrettait sa conduite.
Et oui tout ce qu'il s'est passé à mon retour dans la capitale a eu lieu durant l'année.
Maintenant, on est en juillet et depuis... avril, juste après l'anniversaire de Tom qui a fété ses 19 ans, on a emménagé ensemble. Notre propre appartement. C'est tout simplement... extraordinaire. Ca a beau faire 4 mois bientôt, je n'en reviens toujours pas. Au début quelque peu réticent, ayant peur d'être trop jeune pour emménager en couple, Tom a su me convaincre et quand je le regarde maintenant, je sais que j'ai fais le bon choix. Ses parents et ma tante nous ont aidé pendant le déménagement. Ils nous ont même donné des meubles pour qu'on est moins de frais.
J'ai même un petit boulot d'été pour subvenir à nos besoin. Je ne veux pas être la femme qui attend que son mari rentre de son travail. Faire la cuisine et tout ce n'est pas pour moi. Les surgelés et les pizzas sont nos amis depuis avril.
Parfois, je fais des efforts et essaie de cuisiner. Comme pour le premier week-end après notre emménagement. On avait tout installé et Tom rentrait assez tard vu qu'il avait demandé à faire plus d'heures. J'avais alors décidé de lui faire plaisir mais ça avait été un carnage. En apparence, mon gratin daufinois paraissait bon mais quand j'ai vu la tête de Tom qui se retenait de cracher pour ne pas me vexer j'ai compris.
Je ne suis vraiment pas doué.
J'ai explosé de rire et c'est parti en bagarre général. Je me souviens ce soir-là. C'est à ce moment précis qu'on s'est vraiment rendu compte qu'on vivait tous les deux. La semaine ayant été rude, on avait pas eu le temps de se reposer et de se retrouver. Mais ce samedi-là... je me suis rendu compte du bonheur qu'était ma vie.
FLASH BACK.
- Naa--aan Tom tu vas pas faire ça ? T'oserais pas?
- Pourquoi pas ?
Chacun à l'opposé de la table, Tom me regarde avec la bouteille de chantilly à la main. J'essaie les yeux suppliants mais rien ne fait. Je crois que les cornichons dans son tee-shirt ne lui ont pas plus. Je me mord la lèvre infèrieure en le regardant alors que j'essaie de trouver une solution.
- Oh un éléphant là-bas.
Naïf comme il est, il se retourne et j'en profite pour m'échapper dans le couloir mais je sens un poids me coller contre le mur. Les yeux écarquillés de surprise, je vois Tom en face de moi. J'essaie de me débattre mais ce traître attrape mes mains d'une des siennes et place derrière mon dos.
Vu comme ça on dirait pas mais il a de la force Tom.
- Tu croyais vraiment que j'allais gobé ça...
Il hausse son sourcil en me regardant blasé. Je l'entend secouer la bouteille et je le regarde horrifié.
- Tom non s'il te plaît pas les cheveux... teuplé..
Il secoue la tête de gauche à droite sans rien dire.
- T'es naïf mon vieux.
J'ouvre les lèvres pour répliquer mais je sens de la chantilly venir remplir ma bouche. Je reste statique pendant quelques instants alors que je vois un sourire narquois se dessiner sur ses lèvres. Je fronce les sourcils et avale tant bien que mal alors que je le vois se torde de rire. Je fais le vexé en retroussant mon nez et en le regardant avec des yeux aussi noirs que possible.
- T'en a sur le nez.
Je pouffe de rire malgré moi en le voyant se rapprocher et poser ses lèvres sur mon nez, sa langue enlevant l'intrus. Mes yeux rencontre les siens alors qu'il pose un baiser aérien sur mon nez. J'ai l'impression que ça fait des mois qu'on s'est pas embrassés. Je ferme doucement les yeux en sentant ses lèvres effleurer mon visage. C'est tellement agréable de le sentir contre moi. Et dire que je vis avec lui. Qu'on a notre appartement et qu'on est enfin indépendant. Il n'y a plus personne autour. Juste lui et moi.
Je relève la tête pour connecter nos lèvres mais il s'écarte en souriant. Je fais une mine déconfite alors qu'il rigole légèrement. Je retente le coup mais il réédite son geste.
- Mais...
Il lâche finalement mes mains qui viennent se poser sur ses joues pour maintenir son visage alors que je prend possession de ses lèvres. Ses bras s'entourent mieux autour de ma taille et je peux le sentir me coller à lui dans une étreinte protectrice. Il a tellement été là pour moi. Tous ses jours à me supporter alors que je doutais comme un dingue. Il m'a attendu et m'a toujours tendu la main. Il a toujours été là quand j'en avais besoin. Je lui dois tellement que je sais pas comment le remercier.
Ses lèvres s'entrouvent alors pour caresser les miennes avant que sa langue caresse la mienne. Je soupire de bien-être en entourant mes bras autour de son cou. Personne pour nous arrêter ou intervenir.
Il n'y a que nous.
J'entrouve ma bouche, laissant passer de l'air chaud qui s'égare sur le visage de Tom. Ma respiration s'accélère quand je sens les mains de Tom passer sous mon tee-shirt, et son bassin se coller au mien.
- Merci de m'aimer...
FIN FLASH BACK.
C'est la première fois qu'on a fait l'amour dans notre appartement. Dans notre chambre. A nous.
Le baiser s'est vite fait plus envieux. Peut-être aussi que ces mots qu'il m'a dit ce soir-là ont mis le feu au poudre. Il me l'a répété en litanie ce soir-là. Avant, pendant et après. Je ne m'en suis pas lassé. Je l'ai écouté, j'ai regardé ses lèvres le murmurer, j'ai senti dans ses gestes tout l'amour qu'il me portait et ça m'a fait volé.
A chaque fois qu'il me dit "je t'aime" je ne peux m'empêcher de lui sauter dessus, de l'embrasser ou même juste de le prendre dans mes bras. Il ne me le dit pas si souvent que ça et quand il me le dit, au creux de l'oreille ou pendant une dispute, des milliers de frissons me traversent et j'oublie tout.
Ce soir je rentre de mon boulot en repensant à tout ce qui est arrivé cette année. Si vite et pourtant j'ai l'impression d'être comblé. C'est possible à 18 ans? Défois ça me fait peur d'être aussi heureux alors que je sors à peine du lycée. J'ai peur que tout s'arrête sans crier gare. A nous de faire en sorte que ça dure encore et encore.
Arrivé à l'appartement, j'ouvre la porte d'entrée sans faire de bruit. M'attendant à le voir débouler pour me dire bonjour, je suis assez surpris quand je m'aperçois que le salon est vide. Aucune lumière allumée, la télé éteinte et personne dans les parages.
Pourtant il devait déjà être rentré. Je fronce les sourcils en refermant derrière moi.
La casquette posée sur le canapé m'indique pourtant qu'il est là. Sûrement dans la chambre vu que l'eau ne coule pas et que toutes les pièces sont éteintes. Je pose mes affaires sur la table et me dirige dans la chambre sans faire de bruit. La porte est entrouverte et je peux le voir avoir allongé sur le lit, sur le ventre, un papier à la main alors que d'autres sont étalés devant lui.
Cette simple vision me fait sourire.
Il n'a pas fait attention à ma présence. J'entre à pas feutrés et après avoir retiré mes chaussures je monte sur le lit, le matelas s'abaissant sous mon poids. Je peux le voir sursauter mais il ne se retourne pas. Je m'allonge sur lui et pose ma tête sur son épaule.
- Hello...
Mes lèvres se posent sur son cou, juste au dessus d'une marque violacée que je lui ai fait hier soir. Je souris doucement en frottant mon nez contre le suçon avant de poser mes yeux sur les feuilles qui semblent le captiver. Je peux voir sa mine concentrée, alors qu'il lit chaque ligne avec précaution.
Il semble peser le pour et le contre mais je ne sais pas de quoi.
Ma tête se calle sur son épaule en posant mes avants bras sur son dos pour prendre appui.
- C'est quoi?
- Oh ça... rien du tout.
Il tourne sa tête vers moi et sourit en posant ses lèvres sur les miennes. Son nez cogne ensuite le mien avant de se frotter l'un contre l'autre.
- Ca va ?
J'hausse les sourcils avant de sourire en coin.
- Tu crois me mentir aussi facilement. C'est mal me connaître.
J'essaie d'attraper la feuille mais il la met hors de portée. Il se tourne et se met sur le dos alors qu'il me regarde avec un sourire de vainqueur. Je m'asseois sur son bassin, croisant mes bras sur mon torse en faisant mine de bouder.
- Montre s'il te plaît.
Il rigole vite fait avant de me tendre la feuille qu'il tient. Je la prend en souriant et lit en diagonale. Mon coeur s'arrête alors que le titre inscrit sur la feuille me saute aux yeux.
BULLETIN D'INSCRIPTION AU BACCALAUREAT
EN CANDIDAT LIBRE
Je pose mes yeux grands ouverts sur Tom qui sourit doucement. C'est pas possible..
- C'est vrai?
Il hoche la tête de haut en bas pour confirmer alors qu'un sourire prend place sur mon visage. Un sourire béat qui monte jusqu'aux oreilles. Je me baisse et pose des bisous partout sur son visage, mes mains tenant ses joues pour ne pas qu'il bouge.
- Putain! C'est trop bien! Chui trop content pour toi! T'es trop fort! Han c'est trop bien!
Il rigole devant mon enthousiasme et se met en position assise pour qu'on soit face à face. Il pose un petit baiser sur mes lèvres alors que je suis encore sous le choc. Je savais qu'il regrettait de pas avoir passer son bac mais il ne m'a jamais dit qu'il envisageait cette possibilité. Je n'y ai même jamais pensé moi. J'entoure mes bras autour de son cou alors que lui passe les siens autour de ma taille pour se poser sur ma chute de reins.
- Tu me l'avais pas dit.
- Quand j'ai vu tes yeux brillés devant tes résultats je me suis dit que j'avais envie de vivre pareil.
Je souris en me rapprochant de lui, mes lèvres effleurant les siennes.
- Je suis fier de toi tu le sais ça?
Il hoche de nouveau la tête avant de m'embrasser amoureusement. J'adore penser ça. Qu'il m'embrasse avec amour. Ce n'est pas seulement un baiser rempli de tendresse et de douceur. Dedans on peut déceler aussi de la passion et cette pointe d'amour qui change tout. Qui donne un nouveau goût au baiser.
Un goût de bonheur.
- Tu m'aideras?
- T'auras même pas besoin de moi je parie.
- Toujours!
Je rigole doucement en posant ma tête dans son cou. Des baisers papillons se font ressentir sur ma peau. Je frissonne en me resserrant contre lui avant de relever la tête pour le regarder. Je frotte mon nez contre sa joue en fermant les yeux, une douce chaleur envahissant son corps. A chaque fois que je suis avec lui c'est pareil. Je me sens planer. Et ça n'a pas changé en presqu'un an. Toujours ce sentiment en moi. Encore plus fort que j'aurais pu l'imaginer.
- Je t'aime Tom Trümper.
Je peux le sentir sourire sans le voir. Ses mains remontent le long de mon dos et se posent dans ma nuque, m'obligeant à relever la tête pour le regarder. J'adore ses moments de complicité entre nous. J'aime regarder ses yeux qui pétillent quand il entend ses trois mots sortir de ma bouche. Et ce sourire qui ne réserve qu'à moi.
- Je t'aime aussi p'tit bout.
Je pouffe de rire en entendant ce surnom débile qu'il m'avait donné il y a des mois de ça. Débile mais quand il sort de sa bouche je peux pas m'empêcher de frissonner. Des souvenirs qui remontent à la surface.
Tom ce n'est pas seulement mon petit-ami. C'est aussi devenu mon meilleur ami. J'ai tellement confiance en lui que je pourrais tout faire pour lui. C'est celui qui m'a sauvé la vie sans le savoir. Celui sans lequel je ne serais rien. Qu'est ce qui se serait passé si je ne l'avais pas rencontré? Il m'a tellement fait découvrir... il m'a fait décourvrir des sentiments que je ne pensais pas connaître un jour. Il m'a aidé dans les
moments où j'en avais le plus besoin. Il a été là quand je riais, quand je pleurais, quand j'hurlais. Il a toujours été là.
Il m'a tout simplement réappris à vivre. Et ça ça vaut tout l'or du monde.
Je le sens doucement me prendre dans ses bras en me berçant. Mes yeux se ferment d'eux-même sous cette tendresse que ses gestes dégagent. Le mouvement de droite à gauche m'apaise et je sens que je ne vais pas tarder à m'endormir.
C'est juste avant que mes sens m'abandonnent pour me laisser dans les bras de Morphée qu'une phrase murmurée de Tom me parvient aux oreilles.
- T'as vu... je t'avais dit que tout irait bien Bill de Magdeburg.
FIN.
Kikou les gens ^^
Ici Kitti (alias Manue lol)
Donc je viens vous poster l'épilogue comme me l'a demandé Manue. Autrement sachez qu'elle va bien, elle n'a toujours pas internet (pour mon plus grand malheur), mais elle est en train de nous écrire un OS ! Alors no panic c'est sûrement pas le dernier texte que vous lirez d'elle !
Bisous a tous !!
